le sens du mot « Libertin » qui prévaut de nos jours se réfère au libertin de mœurs, c’est-à-dire celui qui s’adonne aux plaisirs charnels avec une liberté qui dépasse les limites de la morale conventionnelle et de la sensualité bourgeoise normale, mais aussi avec un certain raffinement cultivé.
Sexualité de groupe
La sexualité de groupe désigne un ensemble de conduites sexuelles et sociales qui incluent des pratiques sexuelles, des types de relations, des émotions et des significations impliquant simultanément plus de deux individus ; s’il s’agit d’une relation durable ou faisant intervenir à un degré relatif des émotions et des sentiments amoureux, on parlera de « polyamour » ; s’il s‘agit de relations plus passagères et n’impliquant pas nécessairement des actes de pénétration, on parlera de « mélangisme » (bien que cette acceptation du terme soit restrictive). Enfin ces différentes relations peuvent avoir lieu en privé sans impliquer la présence de tiers, ou bien en public dans des établissements commerciaux spécialisés et dédiés à ces pratiques qu’il s’agisse d’établissement de bains ou de saunas, de dancings ou boites de nuit: les clubs échangistes, ou libertins.
La sexualité de groupe parait intemporelle, des scènes explicites apparaissant à toutes époques : les rituels de Komos et Bacchus, la représentation de certains bains médiévaux, les écrits libertins et leurs illustrations, les différents témoignages sur les « bordels » jusqu’au milieu du xxe siècle. En France aujourd’hui, l’échangisme n’est pas la pratique la plus répandue.
Dans un groupe, chacun peut assouvir des fantasmes, à distance comme l’exhibitionnisme et le voyeurisme, en allant jusqu’aux attouchements, caresses, masturbations, baisers et, bien entendu, en ayant des rapports sexuels. Ce comportement concerne aujourd’hui des individus de toutes conditions sociales ou orientations sexuelles et peut s‘associer à d’autres pratiques, qu’elles soient plus ou moins communément admises (BDSM). Souvent présenté comme attenante à la libération sexuelle, une grande part de la sexualité de groupe est perçue de façon erronée, selon certains féministes, surtout comme une tentative de réaction pour perpétuer le pouvoir masculin dans la société contemporaine. Cela dit, il suffit d’aller faire un tour dans un club échangiste, et surtout dans les soirées dites « trio » pour constater que ce sont bien les hommes qui sont au service des désirs et des plaisirs sexuels des femmes qui peuvent ici s’exprimer avec toute la force et l’intensité qui est réprimée dans la vie courante. Il n’est pas tout à fait sûr que l’échangisme soit le lieu de la domination masculine, et il s’agirait plutôt d’essayer de comprendre comment les pouvoirs et les désirs sexuels de femmes et des hommes s’organisent et se négocient. Au voyeurisme des hommes vient répondre l’exhibitionnisme des femmes, conduites sexuelles qui peuvent être la source de profondes satisfactions.
